Trop lourd pour moi, Éd. Luce Wilquin, 2014.

Jean-Baptiste Taillandier a décidé de dire la vérité. Toute la vérité. L’enfance, d’abord, à la campagne, dans les années 60. Des images en noir et blanc. Des instantanés sépia. Les vacances en famille dans la 4L bleu ciel. La solitude, dès l’école primaire. Le sentiment d’être de trop. Et, bientôt, la découverte de sa différence : il est frigide. Incapable de jouir et d’aimer. Puisqu’il se considère comme un « handicapé du cœur », il servira la veuve et l’orphelin. Ses études de psychologie l’aideront à guérir les esprits, et à se comprendre lui-même. Refusant d’accomplir son service militaire, il part au Congo dans la coopération au développement. Mais le décès de sa mère le ramène en Europe. Il entame une liaison avec Françoise, devient psychologue en milieu scolaire. Pris de panique quand Françoise lui annonce qu’elle souhaite un enfant de lui, il décide de rompre et retourne à la solitude. Il ne veut pas condamner un nouvel être à cette souffrance qu’est trop souvent la vie.
« JE est un autre ». Dans ce roman à la première personne, un peu de moi, beaucoup de l’autre. Comme les enfants, utilisant l’imparfait, entrent dans la peau du cow-boy, de la princesse ou du trappeur : « J’étais Jean-Baptiste Taillandier, l’homme frigide, malade de son enfance… » Je dédie ce livre à tous ceux, à toutes celles qui se sont un jour regardés dans le miroir en se disant : « C’est bien moi ? »